Sonia Alimi

Le portrait de Sonia a été réalisé par la talentueuse  Stacy Lee .

Le portrait de Sonia a été réalisé par la talentueuse Stacy Lee.

Tu le fais pour quoi? Tu le fais par esprit de solidarité et aussi pour te dire que tu peux, à un moment donné, espérer vivre dans une société où on puisse vraiment bien vivre ensemble
— Sonia (à propos de la militance féministe)

Sonia Alimi évolue dans le monde universitaire sans cesser de le questionner et de réfléchir sur sa propre posture comme chercheuse au doctorat et les privilèges qui y sont associés. Ce regard franc sur un monde qui semble bien peu se remettre en question est un vent de fraîcheur.

Elle navigue entre la théorie et la pratique, comme militante, comme chercheuse, mais aussi comme coordonnatrice de recherche pour le Réseau d’Action des Femmes Handicapées Canada. Ses nombreux chapeaux nourrissent son travail et sa militance. En France, Sonia a milité dans des collectifs féministes rarement sensibles aux enjeux d’intersectionnalité et elle en est ressortie marquée.

Depuis qu’elle travaille avec des femmes en situation de handicap, elle réalise davantage le grand nombre de femmes qui sont reléguées aux marges du mouvement féministe dominant. Les enjeux d’intersectionnalité sont au coeur de son discours et de ses préoccupations ; elle a d’ailleurs participé à la création du groupe uqamien Féministes racisées unies et solidaires (FRUES).

Sonia aime

Les lectures Féminismes et femmes noires de bell hooks, les écrits de Said Bouamama, un sociologue qui lui a permis de comprendre la réalité de son père et des hommes de sa communauté et ceux de Nacira Guénif Souilamas qui a travaillé sur les descendantes de l'immigration maghrébines en France, et qui lui ont permis de poser des mots sur ce qu’elle vivait.

Les films Les Tortues volent aussi de Bahman Ghobadi et Caramel de Nadine Labaki.

Elle est inspirée par les femmes de son entourage, de sa famille : « Ma première recommandation serait donc de  se nourrir des femmes de notre famille, de connaître notre histoire, car en tant qu'héritières de l'immigration, on est souvent coupées de ces savoirs , c'est important d'aller les chercher, les fouiller et de s'y découvrir. » Elle admire aussi Safa Chebbi, une militante antiraciste, qu’elle aime et qu’elle voit comme la grande soeur modèle qu’elle n'a jamais eue.